Construire sur ce que l’on a déjà mémorisé. Sur quels principes  le fonctionnement de la mémoire repose t-il  ? Comment cela fonctionne ? 

Le caractère associatif de la mémoire

L’apprentissage est la principale activité du cerveau, c’est-à-dire modifier constamment sa structure pour mieux refléter les expériences rencontrées. Apprendre, c’est donc augmenter la palette de ses réponses comportementales possibles. Ce gain de connaissance, de compréhension ou de compétence est rendu possible par les éléments mémorisés suite à cet apprentissage.

Or l’une des caractéristiques les plus fondamentales de la mémoire est son caractère associatif. Cela veut dire qu’on retient mieux lorsqu’on peut relier la nouvelle information à des connaissances déjà acquises et solidement ancrées dans notre mémoire. Celles-ci constituent alors une sorte de trame sur laquelle peuvent plus facilement se greffer les nouvelles connaissances.

Par conséquent, prendre du temps afin de trouver ce qui peut relier une nouvelle information à une ancienne est donc très payant en bout de ligne.

C’est la raison pour laquelle les métaphores, les histoires imagées, les comparaisons (c’est comme si…) sont efficaces pour comprendre de nouveaux concepts de nouvelles idées qui peuvent, au premier abord s’avérer un peu abstraite et délicate à expliquer.
 
Face à un public d’élèves défavorisés ou en situation d’échec scolaire, il convient de changer l’angle d’approche : la matière ou les choses à enseigner et à apprendre doivent être reliées au contexte des élèves qui ont souvent beaucoup de lacunes notamment en matière de connaissance de lecture et de culture générale. Par exemple, l’approche de l’enseignement dans une classe d’un collège de Zep (1) ne peut être identique à celui d’un collège classique d’une grande ville.

Besoin de sens

Par exemple, si l’on vous présente plusieurs nouvelles personnes, il est plus facile de retenir leur nom si l’on associe immédiatement quelque chose de significatif pour nous à chacun d’eux (Marie a une robe bleu marine, Paul a une barbe comme mon oncle Paul, Carmen a un long cou comme un cormoran, etc.). La couleur bleu marine, l’oncle Paul ou le cormoran sont des images mentales déjà bien engrammées dans notre cerveau et leur lien phonétique ou symbolique avec les nouveaux noms constitue un truc mnémotechnique bien connu.

Même si cela peut sembler contre-intuitif d’ajouter des éléments de plus à de nombreux autres nouveaux éléments à apprendre, plusieurs études montrent que plus l’encodage est élaboré durant l’apprentissage, plus les nouvelles données seront retenues facilement. C’est alors un cercle vertueux.

En terme neuronal, les nouvelles assemblées de neurones peuvent ainsi utiliser des assemblées déjà bien constituées pour s’y connecter, et l’activation routinière de l’ancienne assemblée permet plus facilement d’activer la nouvelle qui vient de s’y associer.

Pour résumer, plus notre cerveau connaît et apprend de choses, plus la mémorisation s’en trouve facilitée. C’est peut-être pour cela que certains scientifiques indiquent que plus une personne est cultivée plus elle a de facilité pour apprendre et mémoriser.
Il en va également des langues étrangères : plus on connaît de langues étrangères plus il est facile d’en apprendre une nouvelle.
(1) La dénomination de ZEP ( zones d’éducation prioritaires) n’existe plus sous ce nom depuis 2006-2007. Depuis d’autres dispositifs les remplacent sous des appellations diverses. Mais l’expression reste ancrée dans le langage du monde éducatif. Ce terme est utilisé dans l’article pour une meilleure compréhension.

Dossier / Texte : Bruno Dubuc Le cerveau à tous les niveaux

Bruno Dubuc

Fondateur & editeur
www.lecerveau.mcgill.ca

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