2014_01_05_violenceComment mettre en place la discipline ? Quand est-ce que la discipline devient inefficace ? Pourquoi, bien souvent, l’instauration de la discipline tourne à l’échec ?

De la violence à l’école, nous en entendons parler, dans les médias. Les médias constatent et dénoncent des actes graves, quand c’est allé trop loin.
Ce que véhiculent les médias nous semble souvent lointain, comme si ça n’arrivait qu’ailleurs, comme si ça ne concernait que d’autres. Pourtant, les actes de violence se rapprochent de nous, entrent dans nos écoles

Pense-t-on qu’il y aurait violence seulement quand ça va trop loin ? Toujours est-il qu’autour de cette question règnent souvent le silence, le tabou. Un silence pour ménager qui, pour ménager quoi ? Ce silence est dangereux parce qu’il n’aide pas les enfants à trouver les limites et qu’il les conduit à commettre des actes toujours plus violents. Jusqu’à l’accident. Et alors là on en parle. Mais si on en avait parlé avant, sans doute que la violence ne serait pas allée crescendo.


Définir où commence la violence

Un enfant est victime de violence dès lors qu’il est insulté, bousculé, moqué. Etant donné que ça le blesse, que ça lui fait de la peine, que ça lui donne moins l’envie d’aller à l’école alors c’est une violence.

La violence commence dès lors que l’espace psychique d’une personne est pénétré par une autre personne. La violence commence dès lors qu’une personne s’impose à une autre, dès lors qu’une personne subit une autre personne alors qu’elle ne l’a pas invitée à entrer dans sa sphère.

C’est déjà à ces niveaux-là qu’il s’agirait que les adultes interviennent. Par des rappels de règles et par des sanctions quand ces règles ne sont pas respectées.


Les enfants sont des êtres en situation d’apprentissage social

Etre en situation d’apprentissage social signifie que l’enfant ne sait pas ce qui se fait et ce qui ne se fait pas. C’est aux adultes de le lui apprendre. En principe, l’école ne devrait intervenir que par renforcement c’est-à-dire qu’elle réactualiserait des règles déjà connues de l’enfant car apprises à la maison. Parfois, les enfants vivent des situations à l’école qui remettent en question les codes sociaux appris à la maison. On leur avait appris, par exemple, qu’il ne fallait pas taper l’autre. Or, ils constatent qu’un enfant qui tape à l’école n’est parfois pas plus puni que ça voire que rien n’est dit. L’enfant socialisé s’y mélange alors les pinceaux, ne sait plus où est le bien où est le mal.

A force de banalisation, on observe que les confusions peuvent atteindre ses capacités cognitives, il se mélange alors l’addition et la soustraction, le singulier et le pluriel, etc… Si rien n’est dit c’est aussi parce que les enfants ne répètent pas à la maîtresse, ne veulent pas répéter à la maîtresse, nous essaierons de comprendre pourquoi.

En finir avec la banalisation

Banaliser, c’est apprendre à l’enfant qu’il vit dans une société régie par la loi de la jungle, par la loi du plus fort. C’est donc favoriser l’agression. Ce n’est pas contribuer à apporter des limites, une retenue à l’enfant qui passe alors à l’acte puisqu’il y est comme autorisé. Pris dans cette spirale dans laquelle on ne le retient pas, il continue ou s’arrête tout seul quand, seul, il trouve sa limite.

Illustration :

Dans une école de campagne, une enfant de 8 ans demande à des « grands » de 9-10 ans d’agresser une autre enfant de 8 ans. Trois garçons « se dévouent ». La fillette les voit arriver vers elle, puis d’autres arrivent. C’est alors une horde sauvage qui se rue sur cette fillette. D’autres enfants, pensant qu’il s’agit d’une mêlée, d’un jeu d’autos-tamponneuses les rejoignent vigoureusement, ignorant qu’une fillette se trouve sous la mêlée. Deux adultes sont présents dans la cour. Certainement qu’ils pensent que c’est un jeu. L’un des trois garçons « leaders », qui écrase le pied de la fillette avec son pied découvre qu’il vient de lui arracher un ongle de pied. Il s’arrête alors. Il vient de trouver sa limite. C’est seul qu’il trouve sa limite. C’est seul qu’il s’arrête. Personne n’a été là pour l’arrêter avant. On peut penser alors que s’il y a traumatisme pour la fillette, il y a aussi traumatisme pour le garçon.

De la violence à l’école, nous en entendons parler, dans les médias. Les médias constatent et dénoncent des actes graves, quand c’est allé trop loin. Ce que véhiculent les médias nous semble souvent lointain, comme si ça n’arrivait qu’ailleurs, comme si ça ne concernait que d’autres. Pourtant, les actes de violence se rapprochent de nous, entrent dans nos écoles

Pense-t-on qu’il y aurait violence seulement quand ça va trop loin ? Toujours est-il qu’autour de cette question règnent souvent le silence, le tabou. Un silence pour ménager qui, pour ménager quoi ? Ce silence est dangereux parce qu’il n’aide pas les enfants à trouver les limites et qu’il les conduit à commettre des actes toujours plus violents. Jusqu’à l’accident. Et alors là on en parle. Mais si on en avait parlé avant, sans doute que la violence ne serait pas allée crescendo.

 Définir où commence la violence

Un enfant est victime de violence dès lors qu’il est insulté, bousculé, moqué. Étant donné que ça le blesse, que ça lui fait de la peine, que ça lui donne moins l’envie d’aller à l’école alors c’est une violence.

La violence commence dès lors que l’espace psychique d’une personne est pénétré par une autre personne. La violence commence dès lors qu’une personne s’impose à une autre, dès lors qu’une personne subit une autre personne alors qu’elle ne l’a pas invitée à entrer dans sa sphère.

C’est déjà à ces niveaux-là qu’il s’agirait que les adultes interviennent. Par des rappels de règles et par des sanctions quand ces règles ne sont pas respectées.

 Les enfants sont des êtres en situation d’apprentissage social

Etre en situation d’apprentissage social signifie que l’enfant ne sait pas ce qui se fait et ce qui ne se fait pas. C’est aux adultes de le lui apprendre. En principe, l’école ne devrait intervenir que par renforcement c’est-à-dire qu’elle réactualiserait des règles déjà connues de l’enfant car apprises à la maison. Parfois, les enfants vivent des situations à l’école qui remettent en question les codes sociaux appris à la maison. On leur avait appris, par exemple, qu’il ne fallait pas taper l’autre. Or, ils constatent qu’un enfant qui tape à l’école n’est parfois pas plus puni que ça voire que rien n’est dit. L’enfant socialisé s’y mélange alors les pinceaux, ne sait plus où est le bien où est le mal.

A force de banalisation, on observe que les confusions peuvent atteindre ses capacités cognitives, il se mélange alors l’addition et la soustraction, le singulier et le pluriel, etc… Si rien n’est dit c’est aussi parce que les enfants ne répètent pas à la maîtresse, ne veulent pas répéter à la maîtresse, nous essaierons de comprendre pourquoi.

 En finir avec la banalisation

Banaliser, c’est apprendre à l’enfant qu’il vit dans une société régie par la loi de la jungle, par la loi du plus fort. C’est donc favoriser l’agression. Ce n’est pas contribuer à apporter des limites, une retenue à l’enfant qui passe alors à l’acte puisqu’il y est comme autorisé. Pris dans cette spirale dans laquelle on ne le retient pas, il continue ou s’arrête tout seul quand, seul, il trouve sa limite.

Illustration :

Dans une école de campagne, une enfant de 8 ans demande à des « grands » de 9-10 ans d’agresser une autre enfant de 8 ans. Trois garçons « se dévouent ». La fillette les voit arriver vers elle, puis d’autres arrivent. C’est alors une horde sauvage qui se rue sur cette fillette. D’autres enfants, pensant qu’il s’agit d’une mêlée, d’un jeu d’autos-tamponneuses les rejoignent vigoureusement, ignorant qu’une fillette se trouve sous la mêlée. Deux adultes sont présents dans la cour. Certainement qu’ils pensent que c’est un jeu. L’un des trois garçons « leaders », qui écrase le pied de la fillette avec son pied découvre qu’il vient de lui arracher un ongle de pied. Il s’arrête alors. Il vient de trouver sa limite. C’est seul qu’il trouve sa limite. C’est seul qu’il s’arrête. Personne n’a été là pour l’arrêter avant. On peut penser alors que s’il y a traumatisme pour la fillette, il y a aussi traumatisme pour le garçon.

 Dossier et texte : Violaine VERDOUX

Violaine Verdoux est psychologue à la Maison de la santé. Elle exerce également en cabinet à Lembeye (64 – Pyrénées-Atlantiques)

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*