2016_06_21_stress_apprendre

Pour réviser un examen, un devoir certains se prennent au dernier moment. Pourquoi? Parce que le stress, généré par un délai court, est un puissant facteur de motivation. Pour autant est-ce que le stress est toujours un élément important pour bien apprendre? Dans quels cas le stress est utile?

Par Jean-François MICHEL

( Auteur « Les 7 profils d’apprentissage » Ed.Eyrolles 2005, 2013 )

Le stress est-il si nocif que cela?

Toutes les études médicales sur le sujet sont unanimes : le stress est nocif, il est la cause de plus de la moitié des arrêts maladie en Europe, ce qui représente un véritable fléau pour les comptes de la sécurité sociale. C’est dans cette même logique de nocivité que nombreux sont les pédagogues qui prônent un minimum de stress pour les élèves dans leur apprentissage. Stress et échec scolaire seraient-ils liés ?
Mais ne dit-on pas parfois que le stress est bon . La question est pourtant loin d’être « idiote ». En effet n’a-t-on pas besoin d’une dose de stress « salvateur » pour finir un travail urgent, pour nous pousser à apprendre une leçon face aux examens qui s’annoncent ? Certains chefs d’entreprise ne jurent que pas le management par le stress pour pousser les salariés à trouver des solutions et à se dépasser.

Bon stress et mauvais stress

Tout cela semble bien contradictoire. Alors quelle attitude tenir face au stress . Faut-il l’encourager ou le bannir ? En fait la question ne se pose pas dans ces termes. Il y a différents types de stress. Aussi bizarre que cela puisse paraître, le stress est une réaction de défense de l’organisme pour faire face aux circonstances exceptionnelles, et se surpasser. C’est par exemple le cas classique que vivent les étudiants lorsqu’il s’agit d’écrire un mémoire : c’est au moment où le délai pour rendre le travail s’approche, où le temps disponible se fait plus rare que le stress pousser à trouver l’inspiration et l’énergie nécessaire pour terminer le travail. Ce stress sera d’autant plus fort que l’enjeu est important. Le mécanisme est tout simplement biologique.
Par contre, il est aussi bien établi qu’un stress prolongé et excessif à des effets néfastes. Néfastes d’abord sur l’état d’esprit et ensuite néfaste sur la santé. De nombreuses études montrent un affaiblissement des défenses immunitaires. C’est comme cela que le stress, crée les conditions favorables à un déclenchement de maladies qui deviennent alors plus fréquentes.

Stress et apprentissage

En résumé, il y a ce que l’on appelle le bon stress qui provient de nous-mêmes (comme par exemple vouloir réussir des examens, c’est nous-mêmes qui nous imposons cette volonté) et qui est de courte durée. Ensuite il y a le mauvais stress issu des pressions extérieures (comme les exigences d’un chef, d’un professeur qui semble irréaliste) qui se manifeste sur une durée bien plus longue. Tout est aussi question de bon dosage : un peu de stress de temps en temps est naturel. Mais se soumettre à un stress prolongé est mauvais, voire dangereux.

Dans un travail d’apprentissage, le stress fait souvent suite à un d’affolement. On sent que l’on va pas y arriver. On se fait des images mentales sur la catastrophe qui ne va pas manquer de se produire, car on aura pas appris suffisamment (selon nous). En fait ce sentiment est dans 80% des cas non vérifié par la réalité des choses. (Sauf bien sûr, si on ne fait rien). Mais l’état de stress généré par cette peur injustifiée va créer les conditions de l’échec : dans un état d’esprit négatif, la personne ne travaillera pas de manière efficace. Il lui faudra donc plus de temps. Ce temps sera pris sur les loisirs et c’est comme cela que la même personne se fatigue, s’épuise et devient encore moins performante. C’est ainsi que le jour de l’échéance (que ce soit un examen, un devoir surveillé ou une soutenance de mémoire) les choses auront toutes les chances de se mal dérouler, l’échec étant « prè-programmé » à cause de cet état de stress du départ.

Quelques astuces 

Ceux qui apprennent le mieux et le plus rapidement ne sont pas forcement ceux qui ont une grande faculté de mémorisation, mais sont ceux qui savent travailler le plus efficacement. Voici quelques astuces à connaître :

…….• Interrogez vous sur l’origine de votre stress. Est-ce que devant une difficulté vous avez tendance à paniquer ? Subissez vous un stress prolongé ?

…….• On est rarement au mieux de sa forme durant l’ensemble de la journée. Vers 11 heures et après le repas (de 13 heures jusqu’à 15 heures environ) l’organisme fonctionne au ralenti. Et c’est normal ! Il est bon de faire une petite sieste après le repas de midi Des études américaines démontrent qu’un un quart d’heure de sieste, (en étant de somnolence) permet d’être plus efficace et de gagner 2 heures de travail dans la journée.

…….• La concentration n’est pas constante. Celle-ci peut baisser de 50% voir plus au bout d’une heure et demie de travail. Il convient de s’accorder de petites pauses de quelques minutes, dans l’effort intellectuel.

…….• Découvrez comment vous apprenez, décortiquez votre stratégie d’apprentissage afin d’apprendre de la manière la plus efficace qui soit pour vous. Sachez, que chacun à sa propre façon d’apprendre.

 

 

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