Qu’est-ce que le TDHA chez l’enfant ? Combien sont-ils en France et dans le monde ? Quels défis pour les parents ? Quelles sont les fausses idées concernant les enfants atteints du TDHA ?

 

Le TDHA (Trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité) concerne des troubles du comportement et de l’attention chez des individus. Chez l’enfant le TDHA est estimé entre 4% et 6% en France. Aux États-Unis, le centre de prévention et de contrôle des maladies (Centers for Disease Control and Prevention) l’estime à environ 11% soit 6,4 millions d’enfants, ce qui n’est pas rien. Est-ce que le TDAH se résorbe à l’adolescence et à l’âge adulte ? Seulement dans 35% des cas le TDAH ne se manifeste plus. Cela veut dire qu’il y a près de 65% des cas où le TDHA demeure. (1).

Ce trouble de l’attention et du comportement qu’est le TDHA se manifeste chez l’enfant par des difficultés à se concentrer (il est très facilement distrait), une impulsivité (il agira d’abord puis réfléchira ensuite aux conséquences de ses actes ) et une agitation quasi  constante. (il bouge trop,  je ne peux pas s’en empêcher, c’est compulsif).

Dans cette enquête le principal symptôme indiqué par les parents est l’agitation (22,5%). Le deuxième symptôme est la mauvaise intégration scolaire (16,5%). Dans le cadre de l’activité scolaire, l’enquête montre que 34% des enfants atteints du TDHA n’ont pas de liens avec leurs camarades. 1 enfant sur 3 restes est à l’écart et reste solitaire. (2)

L’âge moyen des enfants identifiés atteint du TDHA ont 6 ans.

Une scolarité difficile

Bien entendu les enfants atteints du TDHA connaissent une scolarité bien difficile, sont sujets à l’échec scolaire surtout quand ils ne sont pas ou mal suivis par les enseignants. Compte tenu des tailles des classes en France (parfois 40 élèves) et du manque de formation, les enseignants sont assez démunis. Une bonne communication et une coopération entre les parents et les enseignants sont un facteur clef de réussite pour une scolarité plus efficace.

Le rôle fondamental des parents

Le relais de soutien de l’enfant atteint du TDHA se trouve avant tout chez ses parents. L’enfant demande une patience, une attention à toutes épreuves. Accompagner son enfant atteint du TDHA demande donc du temps.

Pour cela le couple de parents doit être uni. Compte tenu de l’exigence de temps, un des 2 parents devra faire un choix. Deux options se présentent :

. L’un des 2 parents renonce à tout objectif de carrière. Voir même réduit son temps de travail (travail à temps partiel) pour se consacrer à son enfant. Dans cette perspective il est important de considérer que le rôle de l’un n’est pas plus important que l’autre.

. Les 2 parents s’organisent au niveau professionnel pour organiser son temps de travail de telle manière à être disponible pour l’enfant : un coup c’est papa, un coup c’est maman.

Cette deuxième option est plus rare. Elle n’est possible que dans certains métiers où les parents peuvent avoir une certaine flexibilité dans la gestion du temps de travail. Cette deuxième option peut être choisi si le trouble de l’enfant atteint du TDHA n’est pas trop fort. L’attention et le temps nécessaire de présence auprès de l’enfant sont alors beaucoup moins contraignants.

Peu de parents choisissent cette deuxième solution. Plus généralement c’est la maman qui choisi de consacrer plus de temps à l’enfant.

5 fausses idées sur l’enfant atteint du TDHA

. C’est un enfant paresseux  – L’enfant doit beaucoup plus travailler que les autres pour un résultat qui est bien moindre. Ses difficultés d’attention et l’hyperactivité demandent beaucoup d’énergie pour être canalisé et surmonté. C’est ainsi que l’enfant peut donner l’impression d’un certain flegme . Il est tout simplement fatigué et a besoin de se ressourcer.

Il a besoin d’autorité – Penser en matière de sanction / récompense est une dépense de temps et d’énergie en pure perte qui ne fera qu’accroitre une révolte chez l’enfant. De ce schéma « pavlovien », l’enfant n’apprendra rien car le TDHA est un problème neurologique. Si le comportement se répète sans cesse c’est qu’il ne le contrôle pas et ne peut pas pour l’instant le contrôler. Une pseudo autorité trop forte ou une rigidité pourra être perçu comme un manque d’amour et d’affection chez l’enfant. Les effets sur son psychisme peuvent être alors dramatiques.

Il devrait faire du sport et jouer dehors – C’est une idée qui a du bon sens. Mais c’est ignorer le fond même du TDHA. Le TDHA est un trouble chronique. L’activité peut être un bon exutoire. Mais attention tous les enfants ne souffrent pas d’hyperactivité. Dans ce cas le sport ou la dépense physique est peu efficace voire même dans certaines circonstances contre-productives. Le sport et l’activité extérieure doivent être intégrés dans une stratégie pour réduire les comportements indésirables. Cette stratégie est à élaborer avec un spécialiste du TDHA.

Le médicament, une solution au trouble du comportement de l’enfant – La solution médicamenteuse est une aide incontestable mais il est souvent recommandé qu’elle soit associée à un accompagnement thérapeutique dans un environnement où les parents adoptent une bonne stratégie. Ensuite selon le type de médicament, l’effet s’estompe en fin de journée et c’est une galère qui peut s’en suivre pour les parents.

L’enfant roi ? Un enfant atteint du TDHA a besoin de beaucoup d’amour, d’attention, de compréhension de ses parents. Cela aussi dans le but de rehausser l’estime de soi de l’enfant qui est en déficit. Bref cela réclame de la part des parents de la patience et de la maîtrise de soi, notamment émotionnel. De l’extérieur, toute cette attention peut être perçue comme l’attitude d’un enfant roi qui mène par le bout du nez ses parents victime d’un manque d’autorité. Il n’en est rien. Ce comportement d’abnégation des parents accompagne une série de stratégies à mettre en œuvre pour que l’enfant puisse surmonter son handicap et se faire une place dans la société.

Article et dossier : © apprendreaapprendre.com

(1) Faraone, S. V., J. Biederman and E. Mick (2006). « The age-dependent decline of attention deficit hyperactivity disorder : a meta-analysis of follow-up studies. » Psychol Med 36(2) : 159-165.

(2) Dans le cadre d’une thèse de médecine générale, conduite en 2011 en France, sur le thème «Retard diagnostique du trouble déficitaire de l’attention/hyperactivité en France : réalité et enjeux », une enquête a été menée (sous la forme d’un questionnaire) auprès de parents d’enfant TDAH.

 
Tags: ,

4 Comments

  1. votre texte résume bien le trouble du tdah. mon petit fils en est atteint et la situation n’est pas toujours facile à gérer, surtout au niveau scolaire lorsque les enseignants ne sont pas formés pour faire face à ce problème.

    • Bonjour,
      Merci pour votre message. En effet, le gros problème est la formation des enseignants sur les enfants atteint de TDHA. La formation des enseignants c’est le grand sujet.
      Bonne journée
      Jean-François

  2. Intéressant
    Ça vaut k
    Le coup de lire

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*