2016_04_19_motivation

 

Par quoi est dicté le comportement humain ? Quel est le schéma de l’évitement ? Comment fonctionne le système de la récompense et de la punition ? Un petit aperçu sur les fondements de la motivation et les possibles applications dans l’éducation.

Le circuit de la récompense et le circuit de la punition.

Le plaisir est le moyen mis au point par l’évolution pour nous inciter à manger, à trouver un partenaire sexuel, à se protéger du froid, etc. Quand l’action est possible, le plaisir est très souvent au rendez-vous grâce au cycle « désir – action – satisfaction ».

Mais l’action peut aussi être nécessaire quand un danger nous menace. Deux solutions s’offrent alors à nous : s’éloigner du danger ou rendre cette menace inopérante. En d’autres termes, la fuite ou la lutte ! Que ce soit devant quelqu’un d’hostile ou devant un élément comme le feu, la première option envisagée est généralement la fuite. Si elle s’avère impossible ou inefficace, on essaie alors de faire face, c’est-à-dire de se battre contre l’ennemi ou de combattre les flammes.
Ces comportements d’approche et d’évitement actif sont sous contrôle de ce qu’on appelle parfois le système activateur de l’action. Il comprend deux circuits nerveux principaux qui correspondent à l’action récompensée et à l’évitement réussi.

Il y a d’abord le circuit de la récompense (ou MFB) qui s’active lors du cycle « désir – action – satisfaction ». Et il y a le circuit de la punition (ou PVS) qui se met en branle que l’on choisisse de fuir ou de lutter.

Mentionnons au passage que l’activation du PVS provoque l’activation du système nerveux sympathique et la libération dans l’organisme d’ACTH et d’adrénaline qui préparent rapidement le corps aux efforts exigés par la fuite ou la lutte.

Le renforcement positif ou négatif d’un comportement

Lorsqu’une action est récompensée, le comportement à l’origine de cette satisfaction est renforcé. On parle alors de renforcement positif, exactement comme la nourriture qu’on donne à un chien qui vient de nous écouter.

En psychologie, on parle aussi de renforcement négatif quand quelque chose de désagréable est éliminé pour favoriser un comportement. C’est le chien qui apprend à s’asseoir pour diminuer la tension de la laisse que le maître tire vers le bas.

Le système inhibiteur de l’action (SIA)

Mais il arrive parfois que ni l’action gratifiante, ni la fuite ou la lutte ne soit possible C’est alors que le système inhibiteur de l’action entre en jeu.

Son activation en condition naturelle survient devant le constat de l’inefficacité de notre action. La fuite ou la lutte nous apparaissant impossible, la soumission et l’acceptation du statu quo demeure alors bien souvent la dernière alternative pour assurer sa survie.

Le SIA est le fruit d’une évolution où il a été utile en fonctionnant sporadiquement, empêchant temporairement toute action inutile qui ne pourrait qu’empirer la situation. Pensons par exemple au petit mammifère qui se retrouve en plein milieu d’un champ et aperçoit un rapace au-dessus de lui; la meilleure chose à faire est encore de ne pas bouger et d’espérer passer ainsi inaperçu.

Or dans nos sociétés basées sur la compétitivité, nombreuses sont les personnes qui activent de façon chronique ce circuit pour éviter des représailles. L’inhibition de l’action n’est plus alors qu’une simple parenthèse adaptative entre des actions d’approche ou de retrait, mais une véritable source d’angoisse. C’est ce mal-être qui va peu à peu miner la santé de l’individu.

En effet, les conséquences négatives de l’inhibition de l’action sont nombreuses et ont été abondamment décrites : dépression, maladies psychosomatiques, ulcères d’estomac, hypertension artérielle sont les plus évidentes. Mais des dérèglements génétiques plus graves comme les cancers et l’ensemble des pathologies associées à une diminution de l’efficacité du système immunitaire sont aussi susceptible de découler de l’activation prolongée du SIA.

L’effet de motivation d’une récompense

L’effet de motivation d’une récompense sur le comportement est universellement reconnu, bien que le rôle exact du plaisir soit encore débattu. Le plaisir est-il un facteur déterminant de l’exécution du comportement ou un simple concomitant de la réponse comportemental ? Dans un cas comme dans l’autre, la motivation qui nous pousse à agir demeure intimement liée au plaisir.

 

Dossier / Texte : Bruno Dubuc Le cerveau à tous les niveaux

Bruno Dubuc

Fondateur & editeur
www.lecerveau.mcgill.ca

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