GF_2013_10_08_formationLe dernier point important pour réussir une formation est de faire preuve de suffisamment de souplesse afin de s’adapter à chaque situation. Tout en sachant que chacun à sa propre façon d’apprendre il est possible d’utiliser différentes méthodes d’intervention.

 
Trois méthodes à utiliser

L’exposé : nous sommes ici dans une séquence qui concerne uniquement des points théoriques représentant des acquisitions nouvelles pour les apprenants. Elle doit durer au maximum 45 minutes, ou être entrecoupée d’un exercice ou d’un échange si vous avez besoin de plus de temps. Vôtre exposé doit être vivant, pour garder l’attention de vos stagiaires, et le support, s’il existe, a pour unique fonction de concentrer leur attention sur vos propos, pas de détourner leur attention en leur demandant de lire et de vous écouter en même temps…

Les travaux en sous-groupes : ils favorisent les échanges entre stagiaires. Laissez suffisamment de temps pour que chacun s’exprime et qu’un débat puisse se mettre en place. C’est le moyen le plus riche pour obtenir de la « matière » sur le sujet et ancrer ainsi les acquis dans la pratique quotidienne des apprenants.

Soyez attentifs à créer des groupes suffisamment petits pour que tout le monde participe. Tournez dans les groupes, questionnez, creusez les sujets abordés pour que les idées s’enchaînent. Nommez (ou faites nommer) systématiquement un « rapporteur », vérifiez qu’il prend des notes tout au long de l’exercice et chargez-le du débriefing à l’oral .

Les jeux de rôles : indispensables pour toutes les formations liées à la communication. Faites toujours intervenir vos stagiaires sur la base du volontariat. Si tout le monde doit passer, le mieux est de faire un tirage au sort pour déterminer l’ordre de passage. Pour éviter toute situation de blocage, la meilleure manière de procéder est la suivante : dès que l’un des deux participants se trompe ou perd ses moyens, proposez rapidement au suivant de venir le remplacer et de reprendre la situation là où elle s’est arrêtée.

On peut d’ailleurs enchaîner deux tours pour permettre à ceux qui se sont bloqués de repasser une seconde fois. Ainsi, la mise en situation devient un outil constructif d’entraînement et non plus une épreuve pour les stagiaires. Cette formule fonctionne aussi dans le cas d’enregistrements vidéo.

Dans tous les cas, c’est la vivacité de l’activité et la pertinence des débriefings qui donnera du relief à l’exercice.

Les outils d’évaluation

Le questionnement : C’est la méthode la plus directe pour valider l’acquisition des connaissances, en cours d’animation. Une règle d’or, ne jamais poser une question dont on ne connaît pas soi-même la réponse. Il est également déconseillé de questionner les stagiaires sur un sujet pas encore vu avec eux, au risque de les mettre en situation d’échec. Le questionnement doit toujours être uniquement un moyen de relancer l’attention des stagiaires pendant un débrief théorique, ou une façon de valider la compréhension du groupe

Le quizz : C’est un outil idéal pour réviser ou mettre à niveau un groupe sur un sujet donné. Numérotez vos questions (pas plus de 15 en tout). Prévoyez quatre niveaux de réponses, notez-les A/B/C/D… la bonne, une moyenne, et deux mauvaises, dont l’une est un peu incongrue éventuellement. Faites des réponses courtes. Prévoyez pour chacun une feuille de débriefing avec les numéros de questions pré-remplis pour gagner du temps. Dans l’idéal, vous avez deux versions sous format PPT, l’une avec les questions qui défilent, l’autre avec les réponses qui suivent, diapo par diapo.

La mise en pratique : Il s’agit de confronter les stagiaires à leur quotidien, en leur proposant une mise en pratique mettant en scène le nouvel acquis dans leur univers.
Prévoyez des mises en situation en vous appuyant sur la matière recueillie pendant la préparation, ou demandez à vos stagiaires de vous fournir des cas concrets sur lesquels ils souhaitent travailler. La mise en pratique peut être réalisée individuellement ou en groupe.

Gérer les cas particuliers

Un groupe est composé d’une somme d’individus, qui ne se ressemblent pas tous ! En l’occurrence, dans certains cas, vous pouvez être démuni devant un comportement déstabilisant, consciemment ou non. Voici quelques pistes pour gérer les plus fréquents :

Le bavard : il s’exprime fréquemment et longuement et pratique assidûment l’aparté. Utilisez la même technique qu’avec un groupe dissipé. Chaque fois qu’il fait des apartés, faites silence en le regardant. Laissez le groupe réguler la situation. Si la situation ne s’améliore pas, prenez-le à part lors d’une pause pour lui demander de réguler son attitude, pour le bien-être du groupe.

Le timide : il intervient peu, n’est pas sûr de lui, ne s’impose pas si le groupe lui coupe la parole. Soyez vigilant à lui donner régulièrement la parole. Relancez-le s’il a été « coupé » par un autre stagiaire. Encouragez-le à donner son avis, valorisez ses propos et son expérience.

L’indifférent : il ne participe pas, regarde ailleurs, voire soupire fréquemment. Ne le confrontez pas, laissez-le dans son coin, citez-le ponctuellement pour le garder « dans la course », engagez la conversation à la pause pour comprendre ce qui ne va pas. Généralement, l’attitude d’indifférence a pour but d’attirer votre attention, si vous n’en tenez pas compte, cela se régule tout seul..

Le contradicteur : il remet tout en question, n’est pas d’accord et intervient à tort et à travers. Ne le confrontez pas en direct. Renvoyez ses propos au groupe pour autoréguler le problème. Synthétisez ses propos pour reprendre la parole. Prenez-le à part pour passer un « contrat » moral pour le reste de l’animation. S’il persiste, proposez-lui de sortir du stage, si cela lui est plus confortable, c’est votre dernier argument, mais il peut être très efficace !.

Le boute-en-train : il est jovial, plaisante sans arrêt, tourne tout à la plaisanterie et empêche de ce fait le groupe de travailler. Soyez bienveillant au démarrage, il faut toujours avoir les rieurs de son côté ! Arrêtez-le d’un sourire quand il dérange, proposez-lui de trouver quelque chose de drôle à dire à un moment que vous aurez choisi, pour le désorienter et le confronter au problème qu’il pose.

 

Véronique BEDU conçoit et anime des formations originales pour fluidifier la communication professionnelle dans les entreprises. Dirigeante associée de la société CoRelations, elle anime une équipe de 12 formateurs. Elle est chargée de TD en communication à la Sorbonne.

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