Quels sont les obstacles pour réaliser une transformation chez le jeune que vous suivez en accompagnement ou en coaching scolaire ?

En quoi cela impacte directement le développement de votre activité de coaching ?

C’est ce que l’on va voir dans cet article avec les solutions.

Vous êtes coach scolaire ou vous souhaitez un jour vous lancer comme coach scolaire. Vous voyez de plus en plus de jeunes en difficulté, en échec. Vous voulez en aider le plus possible. C’est très noble.

Saviez-vous que peu de coachs arrivent à vivre de leur activité 4% selon l’International Coach Federation. Et, ce chiffre est probablement plus petit encore pour le coaching scolaire.

Pourquoi ?

Il ne tient pas à la capacité de vous vendre, ou dans un quelconque talent rhétorique, mais à une seule chose : le résultat que vous promettez.

Article et texte réalisés par Jean-François MICHEL Auteur « Les 7 profils d’apprentissage » Éditions Eyrolles 2005, 2013 et 2019

Les gens n’achètent pas une caractéristique, mais un résultat. 

Vous n’avez que faire des caractéristiques  d’un Termomix, qu’il ait une puissance de 1.880 watts avec un moteur qui tourne à 2000 tours minute ! Vous voulez un produit capable de réaliser facilement des repas succulents à épater vos invités (le résultat).

Pour le coaching scolaire, c’est la même chose.

Les parents n’achètent pas un accompagnement de leur enfant, mais une augmentation de ses  notes.

Et, pour les eux la solution est assez simple : augmentation des notes = soutien scolaire.

Comme coach scolaire, vous ne pouvez pas promettre une augmentation des notes.

Voyez-vous le problème ?

Vous ne pouvez pas promettre une augmentation des notes, non pas que ce soit interdit, mais votre mission n’est pas de combler des lacunes dans certaines matières.

Bien sûr que, votre accompagnement amènera à une augmentation des notes. Elle ne sera que la conséquence d’une transformation que vous pouvez réaliser chez l’enfant.

Une transformation chartérisée par un changement visible et durable de comportement.

Par contre, si vous n’arrivez pas à créer cette transformation, vous êtes coincé(e) :

vous n’arriverez pas à vous démarquer du soutien scolaire ;

vous ne pouvez pas bénéficier d’un fort bouche-à-oreille indispensable au développement de votre activité.

Comment réaliser cette transformation ?

Plusieurs erreurs sont à éviter.

 

Erreur n°1 : Mauvaise appréciation de la motivation de l’enfant

 

Si vous avez appris le métier de coach auprès d’une école de coaching, vous avez probablement entendu ceci : vous ne pouvez travailler qu’avec des personnes qui le veulent, qui sont motivées.

Une question de bon sens, certes. Mais, surtout de déontologie.

En coaching scolaire, vous trouvez un contexte bien différent : ce sont les parents qui sont demandeurs, qui paient. Mais, c’est l’enfant qui est le bénéficiaire direct.

C’est la spécificité du coaching scolaire.

Rien ne garantit que l’enfant que vous accompagnez soit réellement motivé.

Vous me direz : « si, si ! Jean-François, les parents se sont bien concertés avec leur enfant ! Il est quand même d’accord ».

C’est vrai, les parents auront parlé avec leur enfant. Mais, dans quel contexte ? Que vaut alors l’accord de l’enfant sous l’autorité de parents inquiets et qui lui mettent une pression ?

Le piège est de se faire tromper par l’apparence sans pouvoir réellement percevoir une réalité sous-jacente : celles des résistances plus ou moins fortes (au demeurant tout à fait légitimes).

Je vais même plus loin : par expérience, un enfant en difficulté est rarement motivé (retenez bien cela, nous y reviendrons plus tard).

Dans votre prestation d’accompagnement, le plus souvent, vous ferez face à un enfant dubitatif, qui ne vous connaît pas, et se demandera plus ou moins ce que vous faites là.

Au mieux, il sera curieux.

 

Erreur n°2 : Confusion entre symptômes et la cause racine

 

La première chose est de comprendre quels sont les blocages chez un jeune en difficulté scolaire ou en échec.

Dans le cas contraire, la transformation que vous voulez créer tiendra plus lieu de la loterie que de l’expertise ou de l’expérience.

L’erreur est de croire que c’est une question de motivation.

Aucune réponse fiable n’est possible si vous ne connaissez pas la cause racine.

Le «  je n’aime pas l’école », la démotivation, le décrochage sont des symptômes d’une cause plus profonde.

Travailler sur les symptômes, c’est comme mettre un plâtre sur une jambe de bois.

Quand vous amenez votre voiture chez le mécanicien, vous voulez qu’elle fonctionne à nouveau.

Mais le mécanicien, lui,  a besoin de comprendre la cause réelle de la panne pour pouvoir amener une réparation et une solution.

Ici c’est exactement pareil.

Vous devez comprendre la cause racine au symptôme de la démotivation ou qui s’en apparente.

Dans le cas contraire, vous serez toujours à côté dans votre accompagnement.

 

La cause racine et schéma de pensée

 

Avant de penser à réaliser une transformation chez le jeune que vous accompagnez, vous devez comprendre la cause racine. Nous-y voici !

Les jeunes qui sont en difficulté, pour ne pas dire en décrochage, ont la croyance suivante : « je suis « nul(le) ».

C’est une constante.

Notez au passage, le « je suis » qui tape directement dans l’identité.

Au fil du temps, cette croyance se renforce. Comment ? L’enfant trouvera une multitude d’évènements comme :

la comparaison (notes, classements) ;

les commentaires des enseignants, des parents eux-mêmes, des camarades.

Généralement le plus puissant c’est le non verbal.

Imaginez un jeune qui se pense nul, lors du rendu d’un devoir.

Que se passe-t-il dans son esprit face à un 5/20 sur sa copie où la trace appuyée laissée par le stylo rouge laisse paraître la désapprobation rageuse du professeur ?

Quel mécanisme son cerveau va-t-il mettre en place, surtout si l’élève avait fait l’effort de travailler cette interrogation écrite ?

Qu’il est bien « bête », qu’il est vraiment mauvais. Et cela confirme bien ce qu’il pensait de lui-même : « je suis nul(e) ». Et, pour lui ce n’est pas une illusion.

 

« L’échec est punitif non pas parce que l’enseignant essaie de punir l’élève adolescent, mais parce que l’élève adolescent utilise l’expérience pour se stigmatiser. « J’ai encore foiré! » « Je ne peux rien faire de bien! » « Je n’apprendrai jamais! » « Je ne passerai jamais! » « Tout le monde est plus intelligent que moi! » « Je suis vraiment stupide! » « Je ne sais rien! » « Ça ne vaut pas la peine d’essayer! » Lorsque l’école devient un lieu d’échec certain, de nombreux élèves en viennent à détester aller à l’école, jouant leur malheur pendant qu’ils y sont ».[1]

 

Carl E Pickhardt Ph.D (Docteur en psychologie de l’université du Texas)

 

C’est ainsi que cette croyance limitante du je suis « nul(le) au fil des mauvais résultats, se solidifie peu à peu.

Pourquoi ?

La plasticité du cerveau vous connaissez ? Les connexions neuronales évoluent constamment. Elles se renforcent ou se détruisent, dans le bon comme dans le mauvais sens.

« Tout au long de la vie, nos cerveaux se remodèlent continuellement, basés sur des expériences, des comportements, etc. Il est évident que nos cerveaux ne cessent de changer, car sinon comment pourriez-vous apprendre à jouer de la batterie ou maîtriser votre nouvel iPhone? » [2]

David Hellerstein MD (professeur de psychiatrie clinique au College of Physicians and Surgeons de l’Université Columbia à New York et psychiatre de recherche au New York State Psychiatric Institute)

Se construit alors un schéma de pensée infernal (voir le schéma).

 

Les évènements renforcent les connexions neuronales qui deviennent plus solides. Il se crée un chemin neuronal de plus en plus marqué (via la plasticité du cerveau).

La croyance du  « je suis nul » se consolide et le schéma initial se consolide avec le temps.

 

Vous comprenez maintenant comment les élèves en difficulté scolaire peuvent structurer leur personnalité, pour ne pas dire leur identité, autour de cette croyance du « je suis nul(le) ».

 

Une véritable prophétie autoréalisatrice s’enclenche. [3]

Bien sûr cette croyance limitante des jeunes en difficulté est fausse. Ils se tirent une balle dans le pied.

Mais, ça, c’est notre vision d’adulte façonnée par l’expérience de la vie. Pas d’un enfant ou d’un ado qui prend les choses au premier degré.

Il ne peut pas en être autrement.

 

Erreur n°3 : Persister dans les solutions traditionnelles

 

Comment casser ce schéma de pensée négative et toxique ? Comment casser cette croyance limitante du « je suis nul(e) ?

Dans la tête de l’enfant, les faits sont là, parlent d’eux-mêmes, et alimente la croyance du « je suis nul(e).

Votre discours de coach (même en forme de questionnement) aura du mal à faire mouche, d’autant que vous restez un inconnu pour l’enfant.

Bien sûr, cela fait du bien de se sentir soutenu, d’être encouragé. C’est nécessaire, mais cela ne va pas au-delà du réconfort.

Cela s’explique par 2 mécanismes.

 

Mécanisme n°1. Biais de confirmation d’hypothèse.

 

Le biais de confirmation d’hypothèse, est la tendance de votre cerveau à donner du crédit  aux éléments qui vont dans le sens de vos croyances,  de vos convictions, et de minorer, voire de rejeter, les éléments qui les contredisent.

Comme le dit le docteur en psychologie cognitive à l’université de l’Illinois , Shahram Heshmat

« Les gens ont tendance à croire ce qu’ils veulent croire. Chercher à confirmer nos croyances vient naturellement, alors qu’il semble fort et contre-intuitif de chercher des preuves qui contredisent nos croyances » [4]

Donc quand vous encouragez le jeune que vous accompagnez, son cerveau cherchera toujours à justifier sa croyance forte du « je suis nul(e) ».

 

Une bonne note ? Mais parce que le devoir était facile !

Une remarque encourageante ? Mais, le prof était sympa.

Bref, vous voyez, c’est sans fin.

 

Mécanisme n°2. Le cerveau fuit la douleur et va vers le plaisir.

 

Savez-vous que le cerveau fuit la douleur pour rechercher le plaisir ? [5 et 6]

Comment cela se concrétise-t-il chez le jeune en décrochage scolaire ?

Voici un petit exercice pour vous l’illustrer : j’imagine qu’il y a une activité, où vous êtes plutôt maladroit, vous n’êtes pas bon du tout. Cela peut être le bricolage, la cuisine …

Imaginez maintenant que l’on vous demande de pratiquer cette activité où vous serez jugé, vous serez noté(e) ! Vous iriez à coup sûr à reculons. Votre cerveau vous dirait « non !, non je ne vais pas me ridiculiser ! ».

Pour peu que l’on vous y oblige, votre cerveau va se mettre en mode stress. Le cerveau limbique, siège des émotions, reprend les rênes. Avec 3 comportements possibles : la fuite, la rébellion, l’inhibition. [7 et 8]

Soit vous allez vous révolter, car il est hors de question de vous faire humilier. Soit vous fuyez : vous trouverez une excuse pour ne pas vous rendre au rendez-vous. La dernière possibilité est de respecter votre engagement. Vous serez littéralement paralysé(e) le jour J. Je vous laisse imaginer dans quel état d’esprit vous seriez.

Maintenant, transférons cette situation chez un jeune en difficulté scolaire pour ne pas dire en échec.

Au fil des années, l’école lui démontre qu’il est nul.

Les mauvaises notent qui s’accumulent, sont de véritables un coup de pied aux fesses qui font de plus en plus mal.

La frustration, sa colère monte chaque jour un peu plus dont la force est inversement proportionnelle à son estime de lui-même (qui frôle le zéro).

Pouvez-vous ressentir ce que le jeune dans cette situation peut vivre ? Chaque échec à l’école devient une humiliation.

Les psychologues Marte Otten et Kai Jonas de l’Université d’Amsterdam ont décidé de scruter le cerveau des participants alors qu’ils étaient exposés à divers scénarios induisant des émotions.

Ils concluent que les réponses des participants à l’humiliation étaient à la fois plus négatives qu’à la colère et plus intenses qu’au bonheur.

« Votre cerveau n’aime pas être humilié. Non seulement vous vous sentez mal, mais le degré d’activation de votre cerveau est plus prononcé qu’avec d’autres conditions induisant des émotions. »

Susan Krauss Whitbourne, Ph.D. [9] (professeure émérite de psychologie et de sciences du cerveau à l’Université du Massachusetts à Amherst.)

Savez-vous que lorsqu’un être humain subit une douleur émotionnelle, les mêmes zones du cerveau sont activées que lorsqu’il ressent  une douleur physique. [10]

Vous vous souvenez de ce que j’affirmais en tout début : « Par expérience, il est rare que vous travailliez avec un enfant en difficulté et en même temps motivé.»

Nous y voilà ! En coaching scolaire, vous aurez plutôt des enfants qui sont plutôt en inhibition, rarement ceux qui sont en rébellion ou en fuite.

Vous comprenez maintenant, pourquoi vous aurez à faire face à des résistances, plus ou moins forte qui ne sont que l’expression d’un stress.

Vouloir forcer ne sert à rien ! Donner des objectifs ou utiliser la raison non plus. Le biais de confirmation sera à l’ouvrage. Et, de toute façon, le cerveau limbique, siège des émotions et de l’inconscient aura repris le relais.

 

Pourquoi le développement de votre activité est-il impacté ?

 

Vous comprenez maintenant, pourquoi il n’est pas si évident de réaliser une transformation en coaching scolaire.

Vous pouvez avoir besoin d’avoir plus de temps.

Difficile de diagnostiquer la puissance de cette croyance limitante du « je suis nul(le). L’objectif n’est pas non plus de tomber dans l’accompagnement thérapeutique.

Et, ce n’est pas votre rôle.

Alors comment vont réagir les parents qui à 60€ de l’heure, ont du mal à voir un résultat probant de changement ?

Vous aurez une réaction des parents du type « ça lui fait du bien ». Mais pas de quoi créer une réelle satisfaction non plus. Même si vous aurez indéniablement apporté quelque chose, votre accompagnement sera perçu comme un truc sympa… Mais, quand même cher.

Et, le bouche-à-oreille sera plutôt tiède. Vous serez toujours à la course, légitime, d’avoir des clients.

 

Quelle solution ?

 

Comment créer cette transformation visible, chez l’enfant, chez le jeune que vous accompagnez ?

Il serait beaucoup trop long de vous l’exposer ici.

Pour aller plus loin, vous pouvez vous inscrire à ma formation gratuite sur 6 jours où je vous montre comment créer un changement rapide et rapide chez l’élève que vous accompagnez.

J’aborde aussi 3 problèmes de base du coaching scolaire qui freinent votre activité. Et, quel est le secret pour les surmonter sans effort.

Pour s’inscrire à la formation gratuite (cliquez-ici)

 

 

Notes et références

[1] Carl E Pickhardt Ph.D « Adolescence and failure – Lessons from adolescent failure can be formative » Sep 05, 2011 – https://www.psychologytoday.com/us/blog/surviving-your-childs-adolescence/201109/adolescence-and-failure

[2] David Hellerstein M.D.- « Neuroplasticity and Depression – The brain changes throughout adult life…a process of plasticity » Jul 14, 2011

 [3] Dietrich Wagner, Taiga Brahm «  Fear of academic failure as a self-fulfilling prophecy «  (Higher Education Transitions Theory and Research) 2017 chap 2 (Pages 13-30) https://www.researchgate.net/publication/333594476_Fear_of_academic_failure_as_a_self-fulfilling_prophecy

[4] Shahram Heshmat  « What Is Confirmation Bias? People are prone to believe what they want to believe ». Apr 23, 2015 https://www.psychologytoday.com/us/blog/science-choice/201504/what-is-confirmation-bias

 [5]  Christopher Bergland – « The Neuroscience of Seeking Pleasure and Avoiding Pain » an 01, 2020 https://www.psychologytoday.com/us/blog/the-athletes-way/202001/the-neuroscience-seeking-pleasure-and-avoiding-pain

[6] Susan Krauss Whitbourne Ph.D. « The One Emotion That Really Hurts Your Brain – New research reveals the fearsome impact of humiliation » – Jul 08, 2014 – https://www.psychologytoday.com/us/blog/fulfillment-any-age/201407/the-one-emotion-really-hurts-your-brain

[7]  « Henri Laborit : une pensée plus actuelle que jamais » https://www.blog-lecerveau.org/blog/2012/11/05/henri-laborit-une-pensee-plus-actuelle-que-jamais/

[8] Université MacGill « Rechercher l’agréable et éviter le désagréable » le cerveau à tous le niveau (Bruno Dubuc) – https://lecerveau.mcgill.ca/flash/a/a_03/a_03_p/a_03_p_que/a_03_p_que.html

[9] Matthew Lieberman, Naomi I Eisenberger, Kipling D Williams – « Does Rejection Hurt? An fMRI Study of Social Exclusion : 10 Oct 2003 » – https://science.sciencemag.org/content/302/5643/290

[10] Ethan Kross, Marc G. Berman, Walter Mischel, Edward E. Smith, and Tor D. Wager – « Social rejection shares somatosensory representations with physical pain » PNAS April 12, 2011 https://www.pnas.org/content/108/15/6270.lon

https://www.psychologytoday.com/us/blog/heal-your-brain/201107/neuroplasticity-and-depression

[11] Christopher Bergland – How Do Neuroplasticity and Neurogenesis Rewire Your Brain? New research identifies how the birth of new neurons can reshape the brain. Feb 06, 2017 –

https://www.psychologytoday.com/intl/blog/the-athletes-way/201702/how-do-neuroplasticity-and-neurogenesis-rewire-your-brain

4 Comments

  1. Super article !

    Même pas encore fini de le lire…

    Bonne journée

  2. Letort Muriel says:

    Bonjour
    Je me suis inscrite a la formation gratuite sur les problematiques des coachs (lever les croyances). Cependant je n ai recu auncun email de votre part pour le moment.
    Est-ce normal ?
    Merci de votre retour.
    Bien cordialement.
    Muriel Letort

    • Bonjour,
      Non, ce n’est pas normal.
      Il faudrait vous inscrire de nouveau.
      Consultez également votre boîte spam et la boite de réception « autre » ou « non prioritaire » de votre messagerie.

      Bien cordialement
      jean-François

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