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GF_2013_05_18_echecLes stratégies d’apprentissages : pourquoi il est parfois plus confortable d’échouer que d’essayer de réussir ?

L’échec

Phénomène connu des chercheurs qui travaillent sur les stratégies d’apprentissage, tout individu préfèrera dans une situation risquant de fragiliser son estime de soi, s’abstenir de toute initiative et choisira alors plutôt d’échouer volontairement. Ainsi cet élève qui préfère ne rien réviser avant un contrôle important ne court pas le risque d’être déçu s’il échoue puisqu’il a fait en sorte d’échouer ! Imaginons un instant qu’il ait passé des heures à réviser et qu’il n’obtienne pas les résultats escomptés ?

Imaginons qu’il ait fait des efforts importants, qu’il ait donné le meilleur de lui-même pour atteindre un résultat somme toute médiocre ? Comment supporter l’échec ? Car si échec il y a, c’est donc qu’il est incompétent et cette seule idée peut être vécue comme insupportable tant elle atteint profondément l’image qu’il a de lui, l’image qu’il renvoie et surtout son estime de lui. Cette perspective est tellement dévalorisante qu’il préfèrera encore …. tout faire pour être sûr d’échouer.

On assiste, alors, à des comportements extrêmes, souvent incompréhensibles comme cet étudiant qui se présente le jour de son examen sans son matériel, sans sa pièce d’identité ou tout simplement qui s’arrangera pour rater son train ! Comprendre comment fonctionnent ces stratégies dites défensives peut permettre de mieux les mettre en évidence pour y faire face efficacement.

Protéger l’estime de soi

L’estime de soi correspond à la valeur que l’individu s’accorde. Dans le domaine scolaire, elle fluctue en fonction des expériences heureuses ou malheureuses vécues puisant à la fois dans les échecs et les réussites. Dans ces conditions, on comprendra aisément qu’un élève en difficulté finisse par développer au fil du temps une faible estime de lui mais ce que l’on sait moins c’est que la répétition de ces expériences d’échec peut rapidement se révéler menaçante pour le maintien de son estime.

C’est ce qui le conduira à adopter des stratégies d’autoprotection pour ne pas s’attribuer la responsabilité de son échec. On l’entendra alors dire : « Je n’ai pas pu faire mon contrôle car je n’avais pas mon matériel » ou encore « Je n’avais rien noté sur mon agenda donc je n’ai rien pu réviser ».

Sous entendu : Ce ne sont pas mes capacités intellectuelles qui sont à remettre en cause mais des facteurs externes. On est alors en présence
de ce qu’il convient d’appeler de l’échec auto programmé.

Et ce sont ces types de comportements qui sont le plus difficiles à comprendre à la fois pour les enseignants et les parents.

Accepter d’échouer pour mieux réussir

En valorisant uniquement la réussite et en recherchant systématiquement la performance, notre système scolaire ne laisse aucune place pour l’échec. Pourtant échouer fait partie intégrante de l’apprentissage. Rappelons que c’est ce qui a permis à Pasteur de découvrir le principe de la vaccination.

Mais il faudrait pour cela commencer par dédramatiser l’échec pour que les élèves ne soient pas déconsidérés lorsqu’ils ne réussissent pas. En sanctionnant systématiquement l’échec, l’éducation ne laisse que bien peu de place à l’erreur : « Tu n’as pas réussi ? C’est donc que tu es soit paresseux, soit incapable »

Aussi réducteur que cela puisse paraître, c’est malheureusement face à ce type de jugement que les élèves en difficulté se retrouvent trop souvent.

Alors que le simple fait d’adopter une attitude bienveillante et respectueuse vis-à-vis de celui qui est en phase d’apprentissage est parfois suffisant pour rétablir un climat de confiance propice à l’acquisition de nouvelles connaissances.

Car apprendre, c’est nécessairement prendre un risque. C’est sortir de notre zone de confort pour nous confronter avec l’inconnu et surtout avec la peur de ne pas y parvenir.

Alors parfois, il est plus simple de renoncer que de se dire : « Je ne suis pas assez bon, je n’y arrive pas, j’ai essayé mais j’ai échoué » Et l’on voit ainsi des élèves renoncer petit à petit à fournir le moindre effort dans telle ou telle matière préférant rester en sécurité.

L’enseignant ou le parent peut encore inverser cette tendance s’il contribue à favoriser cette prise de risque en incitant l’élève à apprendre de ses erreurs. Lui donner le droit d’échouer autant de fois que nécessaire mais à une condition : qu’il cherche à comprendre pourquoi il n’a pas réussi. Et dans cette démarche là le rassurer en lui précisant qu’il ne sera pas seul puisque vous serez à ses côtés.

 

Dossier : Béatrice VICHERAT

Pour voir le blog: Voir le site: du côté des parents

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