GF_2014_05_27_bonheur Zachary Mainen a étudié la psychologie et la philosophie, puis s’est dirigé vers les neurosciences. Il dirige le programme de Neurosciences de la Fondation Champalimaud, à Lisbonne. Le scientifique explique que l’être humain est capable de programmer son cerveau pour être heureux.


Le bonheur

Les psychologues se sont toujours très intéressés au bonheur, contrairement aux neuroscientifiques, qui se focalisent plus sur les maladies neuronales. Cependant, les neuroscientifiques, qui étudient la dépression, étudient donc en quelque sorte les problèmes liés à la tristesse et au bonheur.

Mais les neurosciences peuvent également aider à expliquer le bonheur qui est cependant, relatif car le cerveau fait une « adaptation hédoniste ». C’est-à-dire que si quelque chose « de bien » survient, nous devenons plus heureux, et si quelque chose ‘de mal’ survient, nous devenons plus malheureux. Mais le cerveau fera toujours une mise à niveau et le niveau de joie revient toujours à une valeur normale. Cependant, tout le monde n’a pas les mêmes capacités à appréhender le bonheur de la même manière.


Facteur génétique, psychothérapie, Prozac et méditation

Les facteurs génétiques semblent importants dans la réaction des individus face au bonheur. Zachary Mainen explique qu’il y a pourtant différentes manières de reprogrammer notre cerveau.

La première, la plus connue et la plus ancienne, est de parler avec un spécialiste, dans le cadre d’une psychanalyse ou psychothérapie. Cette reprogrammation peut être suffisante mais pas toujours, et c’est là qu’intervient la deuxième manière de reprogrammer notre cerveau : la voie médicamenteuse, par exemple le « Prozac, qui agit sur des systèmes définis de notre cerveau, même si son fonctionnement reste très basique ».

En troisième position, il y a la méditation et toutes autres formes d’activités qui nous reprogramment en nous rendant plus heureux.


Les jeux et les programmes informatiques

Enfin, il y a les jeux et les programmes informatiques qui sont conçus pour nous élever spirituellement et qui reproduisent quelque chose de similaire à ces changements comportementaux. Par exemple, les interactions que nous avons avec notre boîte mail ou notre compte Facebook nous affectent. Ces programmes n’ont pas été conçus pour nous rendre plus heureux mais ils le font d’une certaine manière

Quand en ouvrant notre boîte mail et qu’il y a un courriel de quelqu’un que nous aimons, cet acte est considéré comme étant une récompense. Le même phénomène survient avec les jeux vidéo. Nous devenons dépendants de ces petites récompenses, qui sont similaires à des petites doses de drogues. Beaucoup de personnes confondent ces récompenses avec le bonheur. Comment changer ce fait ? Est-il possible de penser d’une manière plus élevée ?

Le fonctionnement de la société

De plus, notre environnement est également source de tristesse et de déception car les personnes comparent toujours leur bonheur à celui des autres. Nous serons plus heureux si nous gagnons beaucoup d’argent et que notre entourage gagne moins. Mais, encore une fois, la récompense domine cette forme de bonheur. Mais choisir son métier en fonction de ses intérêts et non en fonction de la rémunération et donc de la récompense, nous rendra plus heureux.

Finalement, le bonheur a beaucoup à voir avec le fonctionnement de la société, et les relations sociales. Deux collègues de Zachary Mainen ont mené des études sur le bonheur. Ils ont conclu que pour chaque ami heureux dans notre entourage, nous sommes 10% plus heureux. Si les amis de nos amis sont heureux, là encore, nous avons plus de chances d’être heureux. Les personnes heureuses ont tendance à se regrouper. En voulant être plus heureux, nous nous entourons de personnes plus heureuses.

Texte: Anaïs Goger

Origine:– Ambassade de France au Portugal / ADIT – http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/74910.htm

 

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