2008_07_05_peur_banasAlors, qu’est ce que la peur ? Avant tout c’est une émotion naturelle et nécessaire. La peur prépare ainsi le corps à fournir un effort important, physique ou mental. Elle est fondamentalement utile.

Qui n’a jamais eu peur, peur des examens ou peur de prendre un avion ? Dans ces deux cas, il s’agit d’une même émotion, la peur. C’est une émotion, tout comme la joie ou la colère, mais c’est l’une des émotions les plus incomprises, probablement parce qu’on l’associe de façon erronée à la couardise. Pourtant tout le monde ressentira de la peur face à un danger, la seule différence sera dans la façon d’y réagir. Et puis qui n’aime pas avoir peur une fois de temps en temps, dans le Grand Huit ou devant un bon film d’horreur ? La peur augmente l’intensité de nos émotions et provoque des frissons captivants. Selon son intensité, la peur peut se manifester sous différentes formes : anxiété, stress …

 Qu’est ce que la peur ?

Alors, qu’est ce que la peur ? Avant tout c’est une émotion naturelle et nécessaire. La peur déclenche la libération d’adrénaline, en conséquence le cœur bat plus vite, la respiration devient plus rapide, les muscles et le cerveau sont mieux irrigués et nourris, et donc nous devenons plus efficaces. La peur prépare ainsi le corps à fournir un effort important, physique ou mental. Elle est fondamentalement utile.

Pourquoi avons-nous peur ?

La peur se manifeste face à un danger, quelque chose d’inhabituel qui va requérir plus que notre niveau « normal » d’activité pour l’affronter. Si vous vous trouvez face à un chien près à attaquer, être aussitôt prêt à piquer un sprint est une excellente tactique de survie plutôt que de rester et regarder le chien avec curiosité. La peur nous offre le moyen de mobiliser toutes nos ressources pour affronter ce danger.
Cependant, la peur est une réaction instinctive, dont le but immédiat est d’assurer notre survie. Elle permet de nous mobiliser rapidement pour fuir un animal enragé, mais elle nous pousse d’instinct vers le choix le plus simple et le plus rapide pour réussir, la fuite plutôt que l’affrontement. Et souvent, la peur est irrationnelle. Claustrophobie, peur des araignées, vertige, peur de l’avion, peur du noir, toutes les peurs ne reposent pas sur des bases solides, le danger est parfois surestimé ou mal interprété.
Heureusement, la peur n’est pas aux commandes. Elle ne nous contrôle pas, sauf si nous choisissons de la laisser faire. En tant qu’être humains, l’évolution nous a dotés de la raison, et face à la peur, nous restons libres de nos choix. Nous pouvons rationaliser la meilleure façon d’affronter ce danger, et réussir, pour notre plus grand bénéfice, à le surmonter.

  La peur est une émotion naturelle et essentielle de notre vie

Bien sûr, il y a divers degrés de peur, lorsque la peur devient paralysante, ou s’inscrit de façon néfaste sous la forme d’un stress permanent dans notre vie de tous les jours, il faut aller chercher une aide extérieure pour mieux la gérer. Mais à un niveau normal, la peur est une émotion naturelle et essentielle de notre vie. Son but n’est pas de nous déstabiliser, mais de nous apporter plus de ressources pour réussir dans les situations de besoin.

 Pourquoi avons-nous peur de passer un examen ?

Ce qui effraie s’est d’échouer. Pourtant vous irez tout de même passer cet examen, car votre raison connaît naturellement ce paradoxe : vous avez peur d’échouer mais si vous ne passez pas l’examen vous allez certainement échouer. Malgré la peur vous allez donc passer vos partiels. Et grâce à la peur vous pouvez mobiliser d’avantages de ressources pour les réussir. La peur est alors un allié. Grâce à elle, vous êtes pleinement concentré pendant la session, vous en connaissez les enjeux et plutôt que de rêver devant votre copie, vous travaillez activement à produire le meilleur résultat possible.

Nous ressentons donc de la peur avant un examen, car nous avons peur d’échouer. Arrêtons-nous un instant sur la notion d’échec. Qu’est ce que l’échec ? C’est ne pas avoir atteint un objectif que l’on s’était fixé. Il peut y avoir deux raisons à cela, soit on s’y était mal préparé, soit l’objectif était trop difficile à atteindre pour nous. Si nous nous étions mal préparés, l’échec nous permet de rebondir pour découvrir nos erreurs et mieux nous préparer pour la fois suivante. Il est formateur, il devient un enseignement pour l’avenir. Si l’échec est dû à un mauvais objectif, trop difficile ou trop éloigné de nous, il est tout aussi formateur, il nous invite à revoir nos priorités, mieux cerner et définir nos objectifs.

Et c’est ce qui nous effraie dans l’échec, c’est qu’il nous pousse à nous remettre en question. Pourtant, l’échec ne change pas qui nous sommes, il nous informe juste de nos limites, et nous invite à les dépasser, à les redessiner ou simplement à mieux les comprendre.


S’identifier et se complaire dans un échec est une mauvaise stratégie. L’échec ne change pas le cœur de notre identité, il permet juste de mieux comprendre ce que sont nos limites et se faisant, faire des choix pour les repousser, ou apprendre à les accepter et trouver notre voie ailleurs.

Le lâcher prise aide à cette prise de recul. Apprendre à lâcher prise sur des échecs passés permet de se réinvestir dans l’avenir, et ne pas s’attacher à une image négative faussée de soi-même. En s’attachant à cette image distordue de soi-même, on nourrit sa peur, et l’examen suivant sera d’autant plus effrayant et déstabilisant. Avec une prise de recul, nos erreurs du passé deviennent source d’enseignement permettant de construire une nouvelle stratégie pour notre avenir.

En acceptant la peur en tant qu’émotion utile et constructive elle devient un allié. Elle nous permet de mobiliser toutes nos ressources pour réussir une épreuve difficile. Il ne faut cependant pas se laisser submerger par elle, ne pas la nourrir de nos échecs passés pour la garder en tant qu’allié et non en tant qu’ennemi. Réussir à accepter, utiliser et contrôler sa peur et affronter l’épreuve nous permet d’en apprendre plus sur nous-mêmes. Sans la moindre difficulté ou obstacle sur le chemin d’une vie, sans aucun challenge, nous ne pourrions jamais tester qui nous sommes et découvrir ce dont nous sommes capables.

 

Dossier et article: Sandrine Banas

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