2016_04_20_orientation

 

Certains étudiants sont en échec scolaire pour la première fois de leur vie au tout début de leurs études supérieures : comment donner du sens à cette épreuve et envisager des pistes pour la dépasser ?

Psychologue et sociologue, je suis chargée de l’accompagnement des étudiants de première année au sein d’une école d’ingénieur. Par petits groupes, je les aide à acquérir les méthodes de travail adaptées aux exigences des études supérieures. Nous précisons et approfondissons également ensemble leur projet professionnel.
Paul est l’un des 239 étudiants que j’accompagne cette année. Il a raté trois UV sur six au premier semestre et souhaite me rencontrer pour envisager une réorientation. Nous prenons alors le temps de mieux comprendre comment il a fait ses choix d’orientation depuis le collège.

En troisième, il était très bon élève. Comme le font la grande majorité des adolescents dans ce cas, il poursuit ses études en seconde générale. Il est également « bon » en seconde ; il passe donc en 1ère scientifique, où il termine dans le premier quart de la classe. Il intègre alors une terminale scientifique option mathématiques. Aimait-il les sciences ? Avait-il envie de poursuivre des études supérieures dans le domaine scientifique ? Peu importe, la pression sociale et familiale est telle qu’une voie toute tracée est désignée à ceux « qui ont (parfois) le malheur » d’être de bons élèves.

La filière scientifique correspond traditionnellement à l’orientation de « ceux qui réussissent ». Titulaire d’un baccalauréat de la série S, Paul se pose finalement très peu de questions concernant son orientation. Au regard de ses résultats, quelle est le diplôme qui lui donnerait l’assurance d’obtenir un bon salaire et la sécurité de trouver du travail ?

La pression sociale et familiale : les « bonnes » études

Il opte assez rapidement pour des études d’ingénieur, au sein d’une école qui propose un parcours de formation en cinq ans débutant juste après le baccalauréat. Pour les étudiants issus des filières scientifiques, cette orientation permet d’obtenir un diplôme prestigieux et donne la quasi-assurance de trouver un emploi en moins de six mois à la sortie de l’école.

Faut-il échouer pour faire un « vrai » choix ?

C’est finalement la situation d’échec scolaire dans laquelle se retrouve Paul à la fin du premier semestre qui l’amène pour la première fois à se pencher sérieusement sur les choix d’orientation qu’il a à faire. Le contenu de cette formation l’intéresse-t-il ?
D’une année à l’autre, Paul n’a jamais eu réellement à faire de choix.

Il s’est laissé « porter » par ses bons résultats. Seulement, maintenant que réussir lui demanderait de fournir des efforts conséquents, il se questionne sur ce que ce travail lui permettra d’obtenir. Et ce n’est qu’après plusieurs mois qu’il réalise que depuis longtemps déjà, ce sont les études de droit et d’économie qui l’intéressent. Il reconnait qu’en seconde, la filière économique et sociale l’attirait davantage que la filière scientifique. Mais ce choix lui aurait assurément « fermé des portes » pour plus tard.

 

Dossier et texte : Hélène Weber

Hélène Weber est Psychologue clinicienne et docteur en Sociologie. Actuellement Hélène Weber travaille pour une école d’ingénieur afin de mettre en place un dispositif d’accompagnement des étudiants de première année en vue de les aider à s’adapter aux exigences des études supérieures..

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