2016_10_19_orientationLa saison des salons de l’orientation vient de démarrer avec cette année avec une très grande attention portée au coaching d’orientation et une nouveauté avec des salons dédiés aux parents. Quel que soit votre choix pour aider votre enfant à s’orienter, voici les pièges dans lesquels parents, accompagnants et élèves ne doivent pas tomber.

Piège n°1 : tenir compte des notes trop tôt dans la réflexion

C’est certainement l’erreur la plus répandue et c’est malheureusement très naturel, nous avons tendance à penser l’orientation en fonction du bulletin de notes. Si un élève est doué, on le voit déjà en prépa, s’il obtient de bonnes notes dans les matières scientifiques, il sera ingénieur… Et pourtant, un élève peut tout à fait obtenir d’excellentes notes en mathématiques mais détester cette matière et c’est bien l’intérêt ou non pour la matière qui doit attirer notre attention et non le résultat chiffré. Pourquoi ? D’une part, les notes ne sont pas toujours le reflet exact du niveau de l’élève, en fonction de l’établissement scolaire et du niveau d’exigence, une même note ne veut pas forcément dire la même chose. D’autre part, c’est l’intérêt ou le désintérêt pour une matière qui nous apprend des choses sur les motivations de l’élève et sa façon d’apprendre et non la note. Il faut toujours se demander : quelles sont les matières que l’élève aime travailler
? les matières qui l’intéressent ? celles qui lui semblent utiles et pourquoi ? Je ne dis pas qu’il ne faut pas du tout s’intéresser aux notes mais il ne faut les prendre en compte qu’en fin de processus lorsque l’on réfléchit à la stratégie, c’est à dire aux filières d’études. Si on prend en compte les notes trop tôt, les élèves risquent de s’autocensurer, ce qui est à l’inverse de la démarche d’orientation qui consiste à ouvrir la réflexion et à se centrer sur l’individu (atouts, qualités, valeurs, motivations) et non à le réduire à un chiffre sur un bulletin.

Piège n°2 : penser filières d’études au lieu de penser métiers

Nous avons tendance à conseiller à nos jeunes une filière d’études : “fais un BTS”, “inscris toi en licence”, “passe les concours des écoles post-bac”…alors que c’est d’abord en terme de métier qu’il faut réfléchir. Si l’élève ne sait pas pourquoi il doit s’inscrire dans une formation, s’il n’en connaît pas les débouchés, il a peu de chances d’être motivé pour y arriver. Une fois que le métier est trouvé, on peut alors réfléchir à la meilleure filière possible en fonction de la personnalité du jeune, de sa façon d’apprendre et de ses résultats scolaires. C’est bien à ce moment là que les notes interviennent. Et bonne nouvelle, il existe aujourd’hui énormément de formations, de passerelles, de voies parallèles et donc de nombreux moyens
d’arriver à un même métier.

Piège n°3 : conseiller au lieu d’écouter et de questionner le jeune

C’est naturel à nouveau, un adulte aura envie de donner des conseils, d’apporter des réponses qui sont les siennes et non celles du jeune. Cette posture n’est pas la bonne car elle ne permet pas à l’élève de devenir acteur de son projet, elle l’infantilise et ne l’oblige pas à réfléchir à ce qu’il veut vraiment. Le travail du coach d’orientation consiste donc à écouter, à poser les bonnes questions pour faire réfléchir l’élève à son avenir. Les conseils, comme les notes, viendront tout à la fin lorsque l’élève sera déjà sur le chemin et qu’il n’aura plus besoin que d’un petit coup de pouce.

Piège n°4 : Foncer sur la première idée

La première idée n’est pas forcément la bonne, elle est souvent issue de l’environnement dans lequel le jeune évolue et des métiers qu’il connaît. La démarche de coaching d’orientation consiste justement à explorer de nouvelles voies, à investiguer, à ouvrir le plus de portes possibles, à apporter de nouvelles idées auxquelles l’élève n’avait pas pensé, à se questionner sur l’ensemble des métiers compatibles avec sa personnalité. Ce n’est qu’après ce travail d’ouverture que le temps du choix viendra, pour retomber peut-être sur l’idée de départ mais en connaissance de cause et en étant sûre de ne pas se tromper.

Piège n°5 : oublier de travailler sur la vision de l’avenir et la notion de réussite

Le coaching d’orientation, un peu comme un bilan de compétences “version jeune”, se centre sur la personnalité de l’élève. Pour autant, ce travail de connaissance de soi ne doit pas uniquement explorer les points forts, les talents, les traits de caractère…C’est une base de départ indispensable qu’il faut confronter à la vision de l’avenir de l’élève et à ses leviers de motivation.
Il faut lui poser les questions suivantes : comment te vois-tu en tant qu’adulte ? (où es-tu ? avec qui ? qu’est ce qui compte pour toi ?…) Que veut dire pour toi réussir ta vie ? et réussir dans la
vie ? que veux-tu réussir ? Ce sont les réponses à ces questions qui permettront à l’élève d’injecter du sens dans son projet et d’y trouver une motivation. Trouver un sens à son projet, apprendre à se connaître et révéler au jeune son identité propre, ce sont bien les enjeux de l’orientation scolaire et j’ajoute que c’est dans la liberté et l’autonomie que ce processus doit avoir lieu. L’élève aura ainsi les clés d’un avenir épanoui car en accord avec son identité. Il sera également mieux armé pour l’avenir dans un monde en perpétuel évolution qui nécessite de bien se connaître pour pouvoir s’adapter aux nouvelles situations personnelles ou professionnelles.

Texte et Dossier: Coppélia MILLE,

Coach professionnelle certifiée, spécialisée en coaching scolaire et orientation
Fondatrice du cabinet « Il était une voie » qui accompagne les jeunes et les adultes dans le choix de leur voie professionnelle.
Voir le site: Il était une voie … coaching

 

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