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Voilà quelques-unes des questions auxquelles répond Jean-Luc Aubert, psychologue clinicien, dans Une petite psychologie de l’élève (Dunod, 2007), fruit d’une expérience de plus de vingt ans en milieu scolaire : Petite Psychologie de l’élève. Un livre dédié à tous les acteurs de la communauté éducative – enseignants, parents, associations et, plus largement, responsables à tous niveaux de l’éducation de l’enfant (Voir le livre)
Comment est née cette Petite psychologie de l’élève ?
Deux constats m’ont amené à cette rédaction.Le premier concerne les enseignants : ils n’ont que huit heures de psychologie de l’enfant au cours de leur formation à l’IUFM. Une « formation » très nettement insuffisante pour comprendre et aider les trois, quatre, cinq enfants ou plus d’une classe qui ne réussissent pas comme les autres. Sur le terrain, les enseignants confrontés à l’enfant en difficulté sont demandeurs d’un éclairage pour un meilleur accompagnement.Le second constat concerne les parents d’élèves.
Il est important, pour eux, de savoir que l’école a des attentes implicites vis-à-vis des enfants qu’elle accueille. Dès son entrée en classe et tout au long de sa scolarité, l ’école attend de l’élève qu’il dispose d’un certain nombre de prédispositions affectives, éducatives et culturelles. Je les décris dans mon ouvrage et montre comment elles se mettent en place et comment le parent peut les induire.
Quelles sont les spécificités de la psychologie de l’élève par rapport à la psychologie de l’enfant ?
Être élève demande à l’enfant un certain nombre de compétences. Ainsi, affectivement, il doit être suffisamment sécurisé : en effet dans ce cas, son énergie psychique est libre et peut se consacrer à l’apprentissage. Un enfant anxieux, au contraire va mobiliser une partie de son énergie à lutter contre son anxiété : il sera alors moins disponible pour apprendre.L’enfant deviendra plus facilement élève si, sur le plan éducatif, il fait dans sa famille l’apprentissage d’un certain nombre de règles et des nécessaires frustrations qui l’accompagnent : cette « habitude psychique » lui permettra en effet d’accepter plus facilement les règles et les contraintes de l’école.La troisième grande compétence demandée à l’élève est celle d’un certain niveau de culture et, en particulier, de langage.
Le langage est, en lui-même, un indicateur particulièrement prégnant de la culture. L’enfant qui, chez lui, utilise et entend un langage riche lexicalement et syntaxiquement pourra s’approprier très vite les dires de l’enseignant : ce que lui dira ce dernier lui sera déjà, peu ou prou, familier. En revanche, celui qui n’a pas la chance de bénéficier d’un bain langagier familial se verra, dès la maternelle, lourdement pénalisé.
Les enseignants devraient-ils être davantage formés à la psychologie de l’enfant et de l’adolescent ?
C’est une évidence ! J’ai d’ailleurs pu constater dans ma pratique qu’ils étaient demandeurs. Ils ont besoin de comprendre pour aider, pour accompagner. Leur fonction est très, trop insuffisante. La plupart sont obligés de se former par eux-mêmes – mais dans ce cas, qui lire ? Freud, Dolto, Winnicott ? D’autres encore ? Mon ouvrage a pris en compte cette perplexité en proposant une approche théorique globale étayée par la pratique et la rencontre de milliers d’enfants, d’enseignants et de parents.
Quelles sont les principaux facteurs de difficultés scolaires ?
Les difficultés affectives, réactionnelles ou chroniques sont à l’origine de maintes difficultés scolaires. Toutefois, l’expérience m’amène à dire que les carences culturelles et éducatives sont loin d’être négligeables dans l’étiologie des troubles scolaires.

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