Il
existe bien un arrêté
de 1997 qui oblige les universités
à évaluer les enseignements
et à prendre en compte l'appréciation
des étudiants, mais cette
obligation est ignorée ou
négligée. Internet
pourrait prendre le relais. Inspirée
par les expériences réussies
aux Etats-Unis et en Allemagne,
une start-up française va
bientôt proposer aux étudiants
de noter leurs cours et donc, indirectement,
les profs.
Cécile
est étudiante en droit à
Paris. Son premier cours en amphi
n'a guère renforcé
son goût pour les études
: « Le prof lisait mot pour
mot ce qu'il y avait dans le manuel
de droit civil, le cours n'avait
aucun intérêt ».
D'autres enseignants lui ont carrément
déconseillé de venir
en cours…pour vider un peu
les amphis ! Le problème
? Pour les enseignants-chercheurs
la préparation d'un bon cours
ne compte pas pour l'avancement.
Et discourir devant un amphithéâtre
de plusieurs centaines d'étudiants
n'est pas toujours à leurs
yeux une activité très
gratifiante. Certains considèrent
même l'enseignement comme
une activité secondaire par
rapport à la recherche. Ou
ne s'intéressent aux étudiants
qu'à partir du niveau master.
C'est pourtant au début de
leur scolarité dans le supérieur
que les étudiants ont le
plus besoin de bénéficier
d'une pédagogie adaptée.
;;;;;•
L'évaluation n'est
pas dans la culture universitaire
Dans
ce contexte, on peut s'interroger
sur l'opportunité d'introduire
une évaluation des enseignants
par leurs étudiants. Elle
permettrait aux étudiants
de choisir leurs cours en connaissance
de cause et aussi à chaque
enseignant de prendre connaissance
de l'appréciation des étudiants.
L'Université pourrait enfin
adapter l'organisation de chaque
cursus de formation en fonction
du ressenti du public. Cela peut
paraître évident, mais
on en est encore très loin.
L'évaluation à l'université
est rare, non systématique
et peu promue. Un arrêté
en date du 9 avril 1997 en fait
pourtant une obligation légale
pour l'université (1), mais
ce texte est très souvent
négligé, voire ignoré.
En 2002, le Haut conseil de l'évaluation
de l'école dirigé
par Claude Thélot (un organisme
remplacé depuis par le Haut
conseil pour l'éducation)
avait émis un avis sur l'évaluation
des enseignements à l'université
(2).
Avis
dans lequel il regrettait le caractère
informel, partiel et confidentiel
de la plupart des évaluations
réalisées. Bien souvent,
les procédures d'évaluations
existantes considéraient
les formations (une filière
dans son ensemble) et non les enseignements
(un cours en particulier), constatait-il.
Depuis, les choses n'ont guère
évolué. Quant à
l'évaluation par les étudiants
plus précisément,
elle relève avant tout de
l'initiative individuelle de professeurs
ou de maîtres de conférence.
Mais elle n'est pas centralisée
et analysée au niveau de
l'université. Seules quelques-unes
se distinguent en la matière,
telles l'université Victor
Segalen, à Bordeaux (3),
ou l'université Claude Bernard
à Lyon (4).
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Texte:
Pierre-Alban Pillet - Observatoire
Boivigny

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