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Des
outils au service du management
des écoles
Aujourd'hui,
outre les dix-huit écoles
accréditées Equis,
onze écoles sont accréditées
par l'AACSB en France, de l'Insead
à l'ESC Clermont. Enfin,
douze établissements français
ont obtenu le label de l'Association
anglaise des MBAs (AMBA) pour leur
programme MBA (les écoles
de commerce, mais aussi l'IAE d'Aix,
l'ENPC et l'IEP de Paris). Officiellement,
ces labels sont supposés
servir de signaux de qualité
pour l'ensemble des partenaires
d'une école de commerce :
les candidats, les étudiants,
les enseignants, les entreprises…Au
sein des écoles, les directions
présentent les accréditations
plutôt comme des instruments
permettant d'améliorer l'image
de l'établissement auprès
des candidats. Mais il ressort des
recherches menées en France
et en Grande-Bretagne par Benoît
Cret que « les étudiants
ne posent jamais de questions sur
les accréditations. Ils sont
les derniers concernés par
ces labels ».
Selon
lui, les processus d'accréditation
auraient comme utilité première
de fonctionner comme des leviers
de changement pour les écoles.
En effet, un établissement
qui veut décrocher une accréditation
Equis ou AACSB doit s'adapter aux
critères et souvent transformer
son organisation : affecter davantage
de moyens à la recherche
par exemple, modifier le nombre
et les profils des professeurs recrutés,
ou bien encore changer la structure
des programmes pour les internationaliser
davantage. Dans ce cadre, les directeurs
d'école ou de programme disposent
avec ces labels d'un outil de choix
pour imposer le changement dans
l'organisation, ou du moins pour
en faire valoir la nécessité
avec plus de force auprès
de la maison-mère, c'est-à-dire
de l'université ou de la
chambre de commerce, selon que l'on
se trouve en Angleterre ou en France.
En interne, la quête du label
sert aussi à mobiliser les
équipes enseignantes ou administratives
autour d'un projet commun.
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Sortir
de la logique de cumul
Des directeurs d'établissements
ont confié à Benoît
Cret leur vœu d'échapper
à la logique des accréditations.
Non pas en raison de leur coût
(3), somme toute acceptable par
rapport au budget global des grandes
écoles, mais parce que l'effet
recherché initialement –
faire pression sur les parties prenantes
à l'organisation (stakeholders)
– ne fonctionne plus. En outre,
de plus en plus d'écoles
sont accréditées :
les afficher commence à devenir
contre-productif, car l'effet de
distinction a laissé place
à un effet de banalisation.
Du coup, se distinguer aujourd'hui
consisterait presque pour ces écoles
de commerce à ne pas se faire
accréditer.
(2)
Dont la Bocconi, HEC Paris, IESE,
IMD, INSEAD, ESADE, London Business
School et Rotterdam School of Management.
(3) Les coûts
directs (c'est-à-dire hors
impact des éventuelles réorganisations
requises pour prétendre au
label, hors coûts des consultants,
et hors cotisation annuelle à
l'organisme) étaient, en
2007, de 31 200 euros dans le cas
d'Equis et de 18 600 dollars (14
000 euros) + 3 800 dollars (2 900
euros) par an pour AACSB.
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Texte
- Pierre-Alban Pillet - Observatoire
de Boivigny
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