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DOSSIER PRATIQUE

Crise de l’adolescence : vraie crise chez l’adolescent ou simple malentendu ? (Partie 2)

Crise de l’adolescence : vraie crise chez l’adolescent ou simple malentendu ? (Partie 2)



Problèmes relationnels avec les parents, résultats scolaires en dents de scie : souvent l’adolescence est décrite comme une période de crise chez les jeunes. Qu’en est-il vraiment ? Quelles sont les solutions pour les parents et les enseignants ?



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L'adolescent veut à la fois la considération, voire l'affection de ses parents et qu'ils lui accordent une plus grande liberté de mouvement. Il veut à la fois la proximité (qui n'est pas la promiscuité) et l'autonomie (qui n'est pas l'indépendance). En tout cas, il ne se dit pas : « Je dois prendre mes distances avec mes parents » ; si la distance s'installe néanmoins, elle n'est pas le résultat d'un projet délibéré, l'adolescent obéit tout simplement à une « pulsion d'autonomie », dont la satisfaction passe par le « semblable » - les pairs -, non par le « différent » - les parents qui incarnent l'autorité imposante.

Les adolescents veulent aussi l'égalité. Quoique devenues les égales des garçons, les filles restent à cet égard toujours discriminées dans leur famille. Les études montrent, avec une remarquable constance, la différence de traitement des garçons et des filles par les parents. À la discrimination selon l'âge (les jeunes adolescents sont moins dotés en droits que les adolescents plus âgés), s'ajoute donc une discrimination selon le sexe. Ainsi, au chapitre des libertés, les filles restent-elles encore pénalisées. Elles sont, par exemple, moins souvent autorisées à sortir que les garçons, principalement le soir. Cette pénalisation est accrue dans certains milieux immigrés.

Ainsi les jeunes filles maghrébines demeurent-elles interdites d'espaces publics, espaces du « masculin » par excellence. Ainsi, au plan scolaire, les attentes des parents sont-elles encore moindres pour les filles que pour les garçons. Si aucune filière ne leur est désormais interdite, si l'on retrouve les adolescentes en grand nombre dans les filières scientifiques de l'excellence, les échecs qu'elles peuvent rencontrer sont ressentis différemment par les parents que ceux des garçons. Tandis que ces derniers se verront gratifier par ces derniers d'un : « Si tu avais travaillé davantage, mon garçon, tu aurais réussi », celles-ci entendront plutôt : « Tu auras essayé, ma fille, mais il faut te faire une raison, les maths, ce n'est pas ton truc. »

;;;;; Petites disputes en famille, rien de bien méchant !

Avant d'examiner les petites disputes au sein de la famille, il faut rappeler que le principal grief adressé par les adolescents aux parents est le manque de compréhension de leur part. Les adolescents ont le sentiment (souvent vérifié) d'être toujours « traités comme des enfants », que l'on ne prend pas leurs problèmes au sérieux. Certains finissent alors par s'enfermer dans le silence ou le mensonge.
Soulignons également que les disputes sont normales : il n'y a pas de relations, qu'elles soient familiales, professionnelles ou autres, sans divergences de vues.

Il est faux de dire qu'à l'adolescence les enfants n'aiment plus leur famille, au motif qu'ils s'opposent à elle. Ils l'aiment différemment qu'auparavant.

Dès l'entrée au collège, les jeunes adolescents prennent seulement mieux conscience de la situation de leurs parents (de parents idéalisés ceux-ci deviennent des parents réels), conscience de leurs difficultés, de leur mauvaise santé, de leur fatigue. Ils commencent à repérer leurs défauts et donc à les critiquer, à juger leurs attitudes à leur égard, les trouvant trop autoritaires ou, au contraire, trop laxistes, tout en reconnaissant qu'une certaine discipline est nécessaire pour vivre ensemble.

Des complicités s'établissent cependant entre parents et adolescents, plus particulièrement entre mères et filles ou entre pères et fils, démentant au passage la théorie freudienne de l'attrait de l'enfant pour le parent de sexe opposé - même si cette hypothèse se vérifie naturellement quelquefois.

(Voir la première partie du dossier)

Dossier : Michel FIZE Téléchargez la lettre aux parents

 

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Michel Fize, sociologue, est chercheur au CNRS. Auteur d'une vingtaine d'ouvrages, consacrés notamment à l'adolescence et à la famille, il a été l'un des animateurs de la Consultation nationale des Jeunes, lancée par Edouard Balladur en 1994, et membre du cabinet de Marie-George Buffet, ministre de la Jeunesse et des Sports, de 1997 à 1998. Grand spécialiste de la famille et de la jeunesse, il est régulièrement sollicité par les médias.



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  Michel FIZE : 22-10-2010

 

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