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1.
Parler de nos mémoires plutôt
que de la mémoire
La
mémoire est ce qui reste
de nos apprentissages. C'est la
trace concrète qui en est
conservé dans nos réseaux
de neurones.
La
mémoire n'est pas pour autant
un concept unifié. Notre
cerveau possède différents
systèmes de mémoire
spécialisés. Quand
tout va bien, il est difficile de
les distinguer puisqu'ils travaillent
en harmonie et sont complémentaires.
Mais des maladies ou des lésions
cérébrales peuvent
affecter certains de ces systèmes
de manière spécifique
et amener des formes d'amnésie
singulières qui les mettent
en évidence.
On
a par exemple des circuits nerveux
spécialisés dans le
souvenir des événements
que nous avons vécus durant
notre vie passée (mémoire
épisodique) qui ne sont pas
les mêmes que ceux qui permettent
la mémoire du sens des mots,
de la fonction des choses, de leur
couleur ou de leur odeur (mémoire
sémantique). Et ces deux
mémoires diffèrent
grandement de notre mémoire
motrice, celle qui nous permet de
retenir comment aller à bicyclette
ou comment attacher nos lacets.
Traditionnellement, les études
se sont concentrées sur les
mémoires dites explicites,
c'est-à-dire celles dont
on peut exprimer verbalement le
contenu (comme les deux premiers
exemples précédents).
Mais la découverte progressive
des grandes capacités de
traitement inconscient de notre
cerveau a imposé une autre
grande catégorie : la mémoire
implicite.
Il
s'agit de formes de mémoire
qui s'acquièrent à
notre insu et où le rappel
d'un souvenir se fait automatiquement,
sans les efforts nécessaires
à la mémoire explicite.
En plus de la mémoire procédurale
déjà mentionnée
plus haut, plusieurs autres systèmes
de mémoire implicite ont
pu être identifiés
comme les conditionnements émotionnels,
les réflexes conditionnés,
les effets d'amorçage, etc.
Tout
ne s'apprend donc pas de la même
façon, les apprentissages
explicites nécessitant par
exemple plus d'attention consciente
et de répétitions
qu'un apprentissage implicite qui
s'installe souvent sans que l'on
s'en rende compte.
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2.
Répéter au bon moment pour contrer
l'oubli
La
mémoire est " une faculté
qui oublie ", et c'est tant
mieux ! En effet, loin d'être
une faiblesse déplorable,
l'oubli est un phénomène
normal, essentiel même.
L'oubli nous permet de nous débarrasser
de l'énorme quantité
d'informations que nous traitons
tous les jours et qui est jugée
sans utilité pour l'avenir.
Sans oubli, notre conscience deviendrait
vite encombrée d'un tas de
détails inutiles. L'oubli
se chargera donc de faire disparaître
spontanément tout ce tout
ce qui n'a pas été
encodées suffisamment et
au bon moment dans nos réseaux
de cellules nerveuses.
Mémoriser une information,
c'est donc la prioriser consciemment
au détriment de la majorité
des autres qui vont sombrer dans
l'oubli. Mais même si l'on
juge qu'une information est importante
et doit être retenu, elle
ne s'imprime pas comme par magie
dans notre mémoire. Un effort
d'encodage est nécessaire.
Si une bonne hygiène de vie,
un sommeil réparateur (voir
le sixième " travail
" ?), une attention soutenue
ou une bonne organisation des informations
(voir le quatrième travail)
sont tous des facteurs qui favorisent
la mémoire, le travail de
répétition demeure
peut-être l'aspect le plus
fondamental de l'encodage.
La
répétition est essentielle
car notre prédisposition
à l'oubli est des plus efficaces.
Sans répétition, nous
ne pouvons retenir qu'environ sept
éléments d'information
pour à peu près 30
secondes. Ce que la répétition
mentale permet, c'est justement
de faire passer ces éléments
de cette mémoire à
court terme vers la mémoire
à long terme où ils
peuvent être stockés
pendant des mois, voire des années.
Cette
dynamique particulière entre
mémoire à court et
à long terme nous permet
aussi de comprendre pourquoi c'est
immédiatement après
un apprentissage que la répétition
sera la plus efficace. Ce qui se
passe alors détermine le
destin de ce qui vient d'être
appris.
(Voir
la deuxième partie du dossier pratique)
Dossier
/ Texte : Bruno Dubuc Le
cerveau à tous les niveaux
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